Opéra de Rennes
Angers-Nantes Opéra

La Clemenza di Tito

MOZART
Mise en scène,
décors et costumes
photos

© Laurent Guizard

générique

Direction musicale : Nicolas Krüger

Mise en scène, décors et costumes : Pierre-Emmanuel Rousseau

Lumières : Gilles Gentner

Avec Jeremy Ovenden, Roberta Mamelli, Julie Robard-Gendre, José-Maria Lo Monaco, Abigail Levis, Olivia Doray, Christophoros Stamboglis, …

Orchestre National de Bretagne / Orchestre National des Pays de la Loire

Chœur de chambre Mélisme-s / Choeur d’Angers-Nantes Opéra

Co-production : Opéra de Rennes, Angers-Nantes Opéra

Rennes : 2, 4, 6 et 8 mars 2020

Nantes : 10, 12, 14 et 18 décembre 2021

Angers : 16 et 18 janvier 2022

Revue de presse

Opéra Magazine

" (...) Dans une référence explicite au film Les Damnés de Luchino Visconti, Pierre-Emmanuel Rousseau, à la fois metteur en scène, décorateur et costumier, fait de Vitellia une Baronne Sophie von Essenbeck, trouvant en la soprano Roberta Mameli de troublantes ressemblances avec Ingrid Thulin (...) Mais il y a aussi un souvenir de Pasolini, quelque chose de mussolinien dans ces chemises noires (...) Après l'incendie du Capitole, avec force brûleurs, les murs sont ravagés, carbonisés, détruits, et une fine pluie de cendres envahit la scène, composant un intense tapis funèbre (...) Si le spectacle marque de sa densité une oeuvre plutôt statique, la cohérence visuelle du propos impose parfois une certaine rigidité , dont il faut extraire les corps (...) Cette Clemenza mérite toute notre bienveillance ."

avril 2020

Diapason

" (...) Dans le marbre noir d'un palais mussolinien bientôt réduit en cendres (du noir sur du noir : impressionnant lever de rideau de l'acte II), Pierre-Emmanuel Rousseau prend Vitellia comme pivot du drame, sur qui tous les regards des hommes convergent, qui joue ... et se perd, désaxée par sa fureur. L'intiution fonctionne, surtout lorsque l'on dispose d'une chanteuse avec un si puissant tempérament : la très viscontienner Roberta Mameli brûle les planches. (...) Grâce au travail de Pierre-Emmanuel Rousseau la troupe a pris au sérieux les récitatifs, particulièrement soignés (...) "

avril 2020

ForumOpéra.com

" "Des êtres humains, avec leurs faiblesses, qui sont confrontés à des destins qui sont plus grands que le leur », voilà la clé de la lecture de la Clemenza di Tito que propose Pierre-Emmanuel Rousseau. L' intelligence de ses mises en scène ne laisse jamais indifférent et il signe aussi, comme à son habitude, les décors et les costumes. Le cadre unique, qui se transformera au deuxième acte en ruines fumantes, séduit à plus d’un égard. Le marbre noir qui tapisse les murs, les larges portes sont d’un grand classicisme, d'une rare élégance. L’incendie du Capitole, spectaculaire, est exceptionnellement traduit. Les costumes, fort bien dessinés, laissent cependant mal à l’aise pour ce qui relève de Publius et de ses prétoriens : les uniformes bolchevico-fascistes, noirs, avec leurs culottes bouffantes, leurs ceinturons-baudriers et leurs bottes, font froid dans le dos, et interrogent sur la lecture du livret par la mise en scène. (...) "

décembre 2021

" (...) c’est ce soir le noir et blanc qui s’impose avec une folle élégance. Le Capitole resplendit de marbres précieux et de néo-classicisme triomphant au premier acte pour n’être plus ensuite que décombres ensevelis sous les cendres. (...) L'installation d'un banquet alors que le palais brûle est même assez incongrue, mais la plastique impeccable de l’ensemble et la belle direction d’acteur emportent l’adhésion. La plus grande audace réside probablement dans le final : Leopold II, le roi de Bohème qui avait commandé l’œuvre à l’occasion de son couronnement, aurait sans doute peu apprécié de voir l'empreur abattu aux dernières mesures! Par ce choix, Pierre-Emmanuel Rousseau respecte pourtant la volonté affichée de Titus qui clôt la représentation appelant à ce qu’on l’abatte si il comment la faute de faire prévaloir d’autres intérêts à ceux de Rome. Par sa clémence, il choisit précisément d’être moins monarque qu’homme. Or, « un roi faible est un roi qu’on élimine » souligne le metteur en scène dans le programme de salle. (..) "

mars 2020

Resmusica

" (...) Pierre-Emmanuel Rousseau opte pour une approche intemporelle dans une pièce de salon du palais impérial qui pourrait tout aussi bien abriter Le Chevalier à la Rose, et que l’on retrouve au second acte dégradé par l’incendie de Rome et jonché de cendres. Ce décor ainsi que les costumes sont du meilleur goût tandis que la direction d’acteurs, particulièrement fouillée, assure une remarquable fluidité et une parfaite lisibilité de l’intrigue et des tourments des protagonistes. L’ensemble serait totalement fidèle si ce n’était la scène finale énigmatique où Vitellia semble sombrer dans la folie alors que Publius abat Titus d’un coup de pistolet dans le dos. (...) Les vertus de cette coproduction avec Angers Nantes Opéra nous permettent en tout cas d’oublier les codes et les contraintes de l’opéra seria pour partager les souffrances et les rares moments d’apaisement de tous les personnages (...) "

mars 2020

Première loge, l'art lyrique dans un fauteuil

" La direction d’acteurs de Pierre-Emmanuel Rousseau est d’une précision clinique. Il n’en fallait pas moins pour donner vie à ces personnages aux psychoses et névroses affirmées. De la lente dégradation physique et mentale de Vitellia à la violence despotique de Titus en passant par l’asservissement physique et moral d’un Sesto entièrement soumis à ses pulsions, rien n’échappe à l’œil du metteur en scène et au nôtre. (...) Avec Pierre-Emmanuel Rousseau, chaque personnage à sa petite histoire personnelle derrière son grand destin. On aurait pu les aimer pour le tragique de leurs vies, on en vient à les détester pour leurs trop humaines bassesses et leurs égoïsmes malsains. On balance et on transpose, on glose, on s’interroge. Pour tout cela, cette mise en scène est une réussite et nous ne parlerons pas ici de l’incroyable dénouement final (...) Cette Clémence de Titus, ce n’est pas une représentation d’opéra, c’est une histoire qu’on nous raconte et c’est à ne pas manquer ! "

décembre 2021

" (...) Le spectacle s’articule autour d’une idée à ce point limpide qu’on s’étonne qu’elle n’ait pas été plus souvent mise en œuvre par les metteurs en scène et scénographes : l’incendie du Capitole permet d'établir, dans la tragédie, un avant et un après, et constitue ainsi un pivot symbolisé visuellement par la destruction presque complète du décor du premier acte – que le spectateurs découvrent brisé, calciné après l’entracte. La vision de ce palais ravagé par les flammes (le sol est entièrement recouvert de cendres noires) et de cadavres enveloppés dans des linceuls, au lever du rideau, suscite dans le public une émotion palpable… À partir de là, la machination ourdie par Vitellia au premier acte (la princesse y apparaît hyper sexuée : on comprend très vite que cette apparence relève, de sa part, d'une stratégie pour séduire Sesto, le faire tomber dans ses rets et le manipuler) s’emballe et plus rien ne semble devoir l’enrayer, jusqu’au désastre final : Vitellia, dévastée par le remords, perd la raison (son « Non più di fior », véritable scène de folie chantée d’une voix blanchie par une femme hagarde aux gestes désordonnés, est peut-être, dramatiquement, l’un des moments les plus forts auxquels il nous a été donné d’assister cette saison…) ; Sesto, blessé (sans doute suite à l’interrogatoire brutal qu’on lui a fait subir pour lui faire avouer son crime), est entre la vie et la mort ; et Titus, qui pensait, en pardonnant aux conspirateurs, s’être construit une statue pour la postérité, est froidement abattu par Publio… C’est intelligent, fort, puissamment dramatique, et cela met définitivement à mal l’image d’un opera seria bavard, long et un peu terne, encore trop souvent attachée à l’ ultime chef-d'oeuvre de Mozart. (...) "

mars 2020

Ölyrix

""Dans ce huis-clos mené par une direction d’acteurs précise et compréhensive, chaque personnage est confronté à un destin plus grand que le sien, à ses passions qui vont se transformer au fil de l’œuvre : La Clémence de Titus devient un opéra d’états d’âme avec des personnages éruptifs à l’image du Vésuve dont la tragédie est contemporaine au règne de Titus (et évoquée dans le livret) (...) "

décembre 2021

" (...) Assurant l'ensemble de la conception visuelle et théâtrale du spectacle, rehaussée par les lumières efficaces de Gilles Gentner, Pierre-Emmanuel Rousseau n'y déroge pas. Dans un décor de marbre noir trône une maquette d'un nouveau Capitole au dessin proche de l'esthétique Sécession. Si la note d'intention témoigne d'une inspiration puisée dans Les Damnés de Visconti, jusque dans la psychologie de Vitellia, l'ensemble affirme une sobriété classique que lécheront les flammes avant d'être recouvert de cendres tombant des cintres, comme cela a été déjà vu ailleurs. Avec un palais impérial figé dans ses restes crématoires, le second acte scande intelligemment le propos dramatique. Le rideau s'ouvre sur quatre grabats mortuaires sur lesquels gisent des cadavres enveloppés dans un noir suaire d'urgence en néoprène. Uniformes et tenues de soirée évoqueront sans doute l'atmosphère délétère des régimes nazis ou fascistes. L'essentiel réside surtout dans cette morbidité croissante des sentiments et de la souveraineté, graduée, qui n'aura d'autre issue que le sacrifice d'un souverain devenu faible à cause de sa bonté, et que Publio, garant de l'autorité répressive du pouvoir assassinera d'un coup de pistolet –seule entorse à la lettre et à son lieto finale (fin heureuse). Investissant la direction d'acteurs lisible et signifiante voulue par le metteur en scène français, la distribution vocale décline une galerie de portraits où la musique se conjugue à l'expression. (...) "

mars 2020

Unidivers.fr

" (...) Pierre-Emmanuel Rousseau réussit là un vrai tour de force et nous tient en haleine pendant les deux actes, par la cohérence et la vitalité de son propos. Tout s’enchaîne et à aucun moment nous ne sentons le poids de l’ennui ou de la lassitude. Il nous raconte une histoire dont nous ne voulons pas perdre une miette et comme des enfants attentifs, nous sommes pendus à ses lèvres. Grâce à cette vision énergique, il exorcise la malédiction qui semble attachée à cet opéra et les deux heures et quarante minutes du spectacle défilent sans encombres. (...) "

mars 2020

Opera-online.com

" Dans cette production créée à l’Opéra de Rennes en mars 2020, et enfin représentée au Théâtre Graslin de Nantes (après son éviction forcée au moment du premier confinement), Pierre-Emmanuel Rousseau recolle les fragments disparates pour insuffler une cohérence à l’œuvre du point de vue des personnages. Il se repose sur l’ascension et la chute de Vitellia, commanditaire du meurtre de Titus, en dessinant un parallèle avec la figure opportuniste de Sophie von Essenbeck dans le film Les Damnés, de Luchino Visconti. Plutôt qu’au nazisme, l’esthétique des décors et des costumes (également du metteur en scène) se réfère au fascisme mussolinien. Sa lecture s’interdit la redite : les récitatifs et airs racontent une histoire, pour une unicité avérée de chaque scène. Ce qui intéresse Pierre-Emmanuel Rousseau, c’est de dérouler le fil de connexion entre ces personnages un peu épars, et de construire un temps réaliste de théâtre. Le premier acte paraît plus analytique, comme pour décortiquer la psychologie des protagonistes, jusqu’à une impressionnante scène d’incendie faisant sortir la fumée des entrebâillements de portes. Au deuxième acte, le corps est davantage mis à contribution – sur un sol recouvert de cendres, composant une couleur stracciatella inversée –, mais avec un sens de l’épure qui suggère et commence les mouvements plus qu’il ne les fait durer, avec la même compréhension pour le spectateur. Alors les rôles sont et font, dans un décor à la plastique somptueuse, domptée par une couleur noire suffocante. Si le soin apporté à théâtraliser se montre parfois un peu trop présent au I – nous voyons plus le théâtre qu’il ne nous est transmis comme une réalité –, la seconde partie acquiert une fluidité de jeu et d’appropriation du territoire par une distribution extrêmement engagée (...) "

décembre 2021

Concertclassic.com

" (...) Entre ces panneaux de marbre veiné percés d’ouvertures symétriques, les portes claquent au premier acte, comme y invite d’ailleurs le livret où les personnages ne cessent de se croiser, avant d’être calcinées par l’incendie du Capitole, le sol étant alors jonché de cendres. Le tout dans un noir et blanc très élégant, le déplacement de quelques meubles et accessoires permettant de varier les atmosphères afin de mieux épouser les contours de l’action. Surtout, on sait gré à Pierre-Emmanuel Rousseau d’être aussi bien parvenu à animer les récitatifs et les airs, en nous montrant des êtres de chair et de sang, le travail sur le jeu d’acteur apparaissant de manière particulièrement frappante dans cas de Titus et de Vitellia. (...) "

décembre 2021
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